> Les Lieux de Mémoire dans les Cotes-du-Nord
Introduction

En réalisant ce site Internet, j'ai voulu dresser un inventaire qui je l'espère sera complet de tous les Lieux de Mémoire de notre département.

Les informations qui m'ont permis de localiser les différents sites proviennent de deux sources. Tout d'abord l'Office National des Anciens Combattants sous la direction de Madame LOPEZ secondée par Mademoiselle LLOZA a adressé dans son courrier annuel à toutes les communes du département un questionnaire que j'avais préparé et qui demandait aux municipalités de leur retourner un inventaire complet des "Lieux de Mémoire" relatifs à la période de l'occupation allemande, beaucoup de communes ont répondu de façon très complète à cette demande de renseignements. L'autre source venant d'anciens résistants et d'amis de la Résistance qui dans certains cas m'ont guidé lors de ma venue sur place pour prendre les photographies, ce qui m'a fait gagner énormément de temps. Je tiens à les en remercier tous et toutes.

Il m'a donc fallu parcourir le département dans tous les sens, comptabilisant près de 5000 kilomètres en voiture mais aussi plusieurs centaines à bicyclette, obligé parfois de retouner plusieurs fois compte tenu des difficultés rencontrées parfois à réaliser les photographies et d'autres part parce que certains sites avaient échappé à l'inventaire.

459 Lieux de Mémoire, répartis sur une centaine de communes cela donne une idée de la répression que dû subir notre département mais aussi de l'activité importante de la Résistance dans sa diversité.

Encore faut-il définir avec précision ce que l'on entend par Lieu de Mémoire.

Un Lieu de Mémoire doit comprendre un ouvrage ou édifice ou objet avec son support mis en place afin de perpétuer le souvenir d'un événement ou d'une personne lié à la période de l'occupation allemande.

Cet ouvrage / édifice / objet peut être parfois en plus du texte, une photographie du martyr est incrustée. Certains édifices sont installés sur des propriétés privées. Dans tous les cas apparaissent des inscriptions sous forme d'un texte explicatif ou/et une liste de noms et une date.

Ce qui frappe lorsque l'on visite les Lieux de Mémoire dans notre département :

- la quantité, les anciens se sont efforcés de perpétuer le souvenir de leurs camarades, de leurs amis, de leurs voisins, résistants ou simples civils morts pour la France.

- la diversité dans la conception de tous ces ouvrages, on y trouve bien souvent l'évocation de la religion, de la nation française, des FTPF, du Gaullisme mais aussi dans un cas la symbolique du communisme. De loin les sites évocant les FTPF sont les plus nombreux, correspondant ainsi à l'influence de cette organisation.

Sur pratiquement tous les sites il est mentionné : Tué ou Fusillé par les Allemands, bien que le terme fusillé ne soit pas très approprié, car dans la plupart des cas ce furent des assassinats et massacres de résistants et civils exécutés sans jugement mis à part quelques cas. Ils furent achevés sur le lieu du supplice après avoir été dans la plupart des cas affreusement et sauvagement torturés et martyrisés.

D'après le "Petit Robert" :
Massacrer : tuer avec sauvagerie et en masse des êtres qui ne peuvent se défendre.
Fusiller : Tuer un condamné par une décharge de coups de fusils.


Au lecteur de choisir le terme lui semblant le plus approprié.

Dans la plupart des cas ces Lieux de Mémoire sont parfaitement entretenus, quelques-uns sont délaissés.

Quelques Lieux de Mémoire ont disparu à la suite de travaux mais aussi certains ont été volontairement enlevés par les propriétaires des lieux d'implantation.

Dans beucoup de cas, ce sont les anciens résistants qui assurent l'entretien et la rénovation des sites, parfois c'est la famille, les amis, les voisins qui maintiennent en état les sites. Les résistants qui ont perdu leur vie pour se débarasser du nazisme et les civils morts innocents méritent plus d'attention et de respect.

A la suite de cet inventaire, il semble indispensable d'entreprendre des démarches pour faire prendre conscience aux communes qu'il est de leur devoir de maintenir en états ces lieux afin que la mémoire ne disparaisse pas à toujours.

Dans un certain nombre de cas les inscriptions sont difficilement lisibles du fait du non entretien mais aussi le mauvais choix de la couleur des gravures rend difficile la lecture. Il semble que le noir et le bleu foncé seraient les couleurs les plus appropriées.

De cet inventaire, ont été exclus les noms de rues car trop nombreux et difficile à repérer, cela pourrait faire l'objet d'une autre étude.

Ce qui surprend le plus lors des recherches c'est l'ignorance totale de beaucoup de gens qui tous les jours passent devant un site sans se poser la moindre question, ignorant même leur existence.


Serge TILLY
membre du Comité pour
l'Etude de Résistance Populaire
dans les Côtes-du-Nord