> Les Lieux de Mémoire dans les Cotes-du-Nord
Bilan de l'occupation allemande

résistants morts en déportation
404
prisonniers pendus
27
prisonniers massacrés sur le champ
81
disparus
86
résistants tués au combat
62
autres meurtres commis par l'ennemi
25
résistants et civils découverts dans des charniers
212
Total
897

Beaucoup de civils et de résistants seront tués entre la fin du mois de juillet et le début du mois d'août 1944 au moment de la Libération du département, les nazis devenus fous furieux pour certains à l'idée d'une défaite ont commis durant cette période de nombreux massacres de masse des patriotes résistants mais aussi des paisibles civils innocents.
Bien souvent cela se faisait sous l'emprise de l'alcool qu'ils consommaient en abondance.
L'armée allemande a commis d'horribles crimes restés impunis, des crimes exécutés avec une extrême sauvagerie qui vont briser la vie des personnes et de leurs familles.
L'armée allemande était secondée par des "Russes blancs" encore plus sauvages, mais aussi par les autonomistes bretons de la bezen PERROT qui semèrent la terreur parmi la population du fait de leur extrême brutalité.
Sans oublier la police vichyste et la milice qui livrèrent aux Allemands de nombreux résistants les menant pour beaucoup à la mort. La plupart des dix neuf fusillés du 6 mai 1944 du camp de manœuvre des Croix à Ploufragan furent arrêtés par la police française ou avec l'aide de celle-ci.

Ils torturaient sauvagement...
On peut souligner l'extrême sauvagerie de l'armée allemande aidée par leurs alliés les miliciens et les autonomistes de la Bezen PERROT (ceux-ci portaient un uniforme semblable à celui de l'armée allemande, ils étaient moins d'une centaine), ils tuèrent sans raison très souvent des personnes sans défense et sans distinction de sexe et d'âge.
Les méthodes de mise à mort étaient très variables, bien souvent il s'agissait de massacres après d'horribles tortures utilisant les méthodes les plus "raffinées" (baignoire, palan, casque à vis, nerf de bœuf, coups de cravaches...).
Ces tortures avaient bien sur pour but d'obtenir des renseignements sur les responsables de groupes de résistants, sur les noms de personnes aidant la Résistance, sur les caches d'armes et de matériel de propagande, sur les lieux prévus pour les parachutages d'armes... Les Allemands n'avaient pas pour habitude de cacher leurs crimes, ceci dans le but de terroriser la population et de dissuader certains à entrer ou à aider la Résistance.
Certaines maisons ont acquis une réputation d'horreur restée dans les mémoires encore en l'an 2000.
- Comme la maison de la Pépinière à Plouaret qui était surnommée la maisons des martyrs ou la maison des tortures et dont le tortionnaire était appelé "le boucher de Plouaret".
- Comme la maison Souriman à Bourbriac où sévissaient les autonomistes Bretons.
- Comme l'école publique d'Uzel-Près-l'Oust où sévissaient les autonomistes de la Bezen PERROT.
- Comme les cabanes du terrain d'aviation de Servel près de Lannion.
- Comme la villa la Marjolaine en Trébeurden où agissaient les waffens SS .
- Comme dans beaucoup de felgendarmeries (Gendarmerie Allemande)...

Ils fusillaient...
- Comme à Ploufragan, où dix-neuf résistants furent passés par les armes le 6 mai 1944 après un "jugement" à Saint-Brieuc pour douze d'entre eux et à Belle-Isle-en-Terre pour sept autres.
Le terme "fusillé" est bien souvent "impropre" car il s'agit dans la plupart des cas de massacres. Les Allemands et/ou leurs alliés emmenaient dans des endroits isolés, boisés de préférence des êtres moribonds après qu'ils aient subi d'horribles tortures, déjà morts ou mourants qu'ils achevaient sur place, puis ils tentaient de faire disparaître leurs crimes en les enterrant clandestinement à l'abri des regards.
- Comme dans la forêt de Lorge près de L'Hermitage-Lorge où plusieurs charniers furent découverts contenant en tout cinquante-cinq victimes.
- Comme dans le bois de Boudan en Plestan où deux charniers furent découverts contenant trente-et-une victimes.
- Comme à La Malaunay en Ploumagoar où un charnier fut découvert contenant dix-huit victimes.
- Comme à Servel où ils ont traîné au poteau d'exécution de début juillet à début août 1944 des patriotes résistants incapables de tenir debout seuls, pour les fusiller et où furent découverts divers charniers contenant 40 victimes.
- Comme à Garzonval en Plougonver où ils achevèrent sept patriotes résistants extraits de la cave de Bourbriac le 17 juillet 1944...

Ils pendaient...
- Comme à Gueradur en Pleumeur-Bodou, où deux résistants FTPF furent pendus par les pieds le 23 juillet 1944.
- Comme sur la route de Carhaix à Loudéac jalonnée de huit jeunes patriotes résistants pendus aux poteaux téléphoniques ou aux balcons des maisons début août 1944.
- Comme à Gomené près de Merdrignac où deux jeunes furent pendus.

Ils brûlaient vifs...
- Comme à la Saudraie en Plélo, où six résistants et civils furent brûlés vifs dans un four à pain.
- Comme à Trébrivan, où deux résistants et le propriétaire d'un commerce furent brûlés vifs.
- Comme à Coat-Névénez en Pommerit-Jaudy où un jeune fut précipité vivant dans le feu.
- Comme à Kerhamon en Duault où un cultivateur fut brûlé vivant dans sa maison.

Ils massacraient ou déportaient des familles entières...
- Comme à Hénon et L'Hermitage-Lorge où Madame Jeanne GOUELIBO, ses deux filles Jeanne et Bernadette ainsi que son fils Jean furent massacrés.
- Comme à L'Hermitage-Lorge où les frères Jean Baptiste et Émile URVOY furent massacrés.
- Comme à L'Hermitage-Lorge où les frères Albert et Henri BOURGES furent massacrés.
- Comme au Dresnay en Loguivy-Plougras où Lucien AUGEL et ses fils Lucien et Robert sont morts en déportation.
- Comme au Dresnay en Loguivy-Plougras où les frères François et Auguste PERSON sont morts en déportation.
- Comme à Perros-Guirec où Yves LE MERRER fut tué sous les coups, son fils Rémi âgé de 16 ans et sa fille Odette âgée de 20 ans mouront en camp de concentration mais cette fois aidés par leurs alliés les autonomistes bretons de la Bezen PERROT.
- Comme à Pleumeur-Bodou et Trébeurden où Léon PHILIPPE et ses trois Léon, Pierre et René furent massacrés par des waffens SS .
- Comme à Plouaret où les deux frères Eugène et Pierre QUENIAT de Trémel furent massacrés.
- Comme à Plestan où les trois frères Auguste, Arsène et Louis LE MANACH furent massacrés.
- Comme à Plestan où Alain, François, Hervé, Yves et Jean-Marie LE GUERN de la même famille furent massacrés.
- Comme à Plestan où Pierre LE COZ et son fils Pierre furent massacrés.
- Comme à Plédéliac où Francis BROISIN et son fils Francis sont morts en déportation.
- Comme à Saint-Brieuc où Eugène DRONIOU son épouse Jeanne FEJER et leur fille Yvonne sont morts en déportation.
- Comme à Lannion où Victor PROVOST décédé à son retour de déportation et ses deux fils Jean et Ambroise sont morts en déportation.
- Comme à Saint-Gilles-les-Bois où Jeanne et François BOIZARD frère et sa sœur sont morts en déportation.
- Comme à Lannion où Maurice LAGADEC sera fusillé et son frère François sera assassiné.
- Comme à Ploumilliau où les frères Roger et Robert BOUFFANT sont morts en déportation.
- Comme à Ploumilliau où Jean HENRY moura en déportation et son fils Émile sera fusillé.
- Comme à Quintin où les deux frères Edouard et Guy LE TRIVIDIC sont morts assassinés.
- Comme à Trébrivan où Joseph GUEGUEN est brûlé vif et son épouse Augustine ROULE meurt en déportation.
- Comme à Saint-Laurent où les deux frères André et Roger HAMON sont assassinés.
- Comme à Plouagat où quatre frères : André et René THOUEMENT sont fusillés, leur frère François est tué au cours des combats pour la Libération de Paris, et l'autre frère Robert est tué
en tentant de s'évader du train qui l'emmenait vers un camp de concentration en Allemagne.
- Comme à la limite de Hénon, Trédaniel et Moncontour où Joseph RIOU, son épouse Louise THEBAULT et leur fils Robert furent massacrés.
- Comme à Moncontour où Louis BREARD et son épouse Bernadette GUEHENNEUC furent assassinés.
- Comme à La Malaunay où le père et le fils METAIRIE de Saint-Brieuc furent massacrés...
- Comme à Callac-de-Bretagne où Joseph DAVID est mort en déportation son frère Auguste fusillé à Rennes.

D'autres familles furent également très touchées :
- François VALLEE au cours d'une mission, son frère Robert VALLEE (tous les deux originaires de Belle-Isle-en-Terre) mort en déportation et Armand VALLEE de la même famille prêtre de Saint-Brieuc mort en déportation.
- les frères Jean, Emmanuel SALAUN de Saint-Quay-Portrieux sont morts en déportation.
- les frères Jacques et Henri LE SEVEN de Saint-Quay-Portrieux sont morts en déportation.
- Simone et Yvon JEZEQUEL frère et soeur de Lézardrieux tous les deux morts en déportation.

Ils massacraient ou déportaient des prêtres.
- Comme à La Malaunay en Ploumagoar où l'Abbé Eugène FLEURY est assassiné après d'horribles tortures.
- Comme le pasteur Armand VALLEE à Saint-Brieuc mort en déportation.
- Comme le pasteur Yves CRESPIN aumônier du Lycée Anatole Le Braz à Saint-Brieuc mort en déportation.
- Comme l'abbé Jean Baptiste LEGEAY du Roscoat en Pléhédel mort en déportation.
- Comme à Merdrignac où le curé doyen Jean
Marie LE TEXIER est assassiné.
- Comme à Créac'h-Maout en Pleubian le 4 août 1944 où le prêtre Joseph LE FLOC'H est assassiné.

Ils massacraient des secouristes.
- Comme à Châtelaudren où le sapeur pompier Eugène LE BOULBIN et deux secouristes Joseph LE GAL et Auguste LE BEGUEC sont assassinés.
- Comme à Saint-Laurent où Yves CAZOULAT brancardier de la Croix-Rouge est massacré.

Ils tiraient sur des personnes sans raison...
- Comme dans de nombreux endroits, prenant pour cible au hasard de leurs passages de paisibles civils innocents.

Ils déportaient en masse...
- Comme au Dresnay en Loguivy-Plougras lors de la rafle du 13 avril 1944 où douze civils seront arrêtés sur dénonciation d'un autonomiste et dont aucun ne reviendra des camps de la mort.
- Comme à Perros-Guirec lors de la rafle du 4 juin 1944 où douze civils furent déportés, trois d'entre eux reviendront des camps de la mort en mai 1945.
- Comme à Callac-de-Bretagne lors de la rafle du 9 avril 1944, où plusieurs dizaines d'arrestations furent effectuées, dix-sept patriotes résistants ne reviendrnt pas des camps de la mort. Une fois de plus ces arrestations se firent avec l'aide de la milice, de la gendarmerie française et des autonomistes...
- Comme à Trébrivan lors de la rafle du 28 juin 1944 où treize civils sont arrêtés par les miliciens et seront déportés, onze ne reviendront pas des camps de la mort.

Ils massacraient en masse...
- Comme à Creac'h-Maout en L'Armor Pleubian où ils assassinèrent après d'horribles tortures plus de trente civils et résistants...

Ils assassinaient des enfants...
- Comme à Bégard, Louis STEPHAN, 15 ans, abattu d'une balle dans la tête sans raison le 5 août 1944.
-
Comme à Maroué en Lamballe, Francis MINIER, 7 ans, froidement abattu le 29 juillet 1944.
- Comme à Louargat, Roger FEJEAN, 16 ans, abattu sans raison le 6 août 1944.

Ils assassinaient ou déportaient des personnes âgées...
- Comme à Louargat, Pierre PICHON, 72 ans, "tiré comme un lapin" sans raison le 6 août 1944.
- Comme à Plouisy, Benjamin MANCHEC, arrêté pour avoir conservé son fusil de chasse et mort en déportation à 79 ans.

Ils faisaient disparaître leurs victimes...
- Comme à Plougrescant où six patriotes résistants sont arrêtés le 6 juin 1944 et disparus depuis.
- Comme René SIMON de La Méaugon...

Ils incendiaient les maisons...
- Comme dans de très nombreuses communes, tuant même ceux qui s'aventuraient à tenter d'éteindre le feu comme à Châtelaudren le 4 août 1944 où trois pompiers furent abattus.

Ils pillaient, ils volaient...
- Comme dans de très nombreux cas, entrant dans les maisons et emportant nourriture, volailles, bicyclettes, essence... et surtout alcool dont ils usaient en abondance.

En tant qu'organisation de la résistance, les FTPF payèrent le plus lourd tribu à l'occupation allemande. Leurs membres fusillés, assassinés, déportés et exterrninés dans les camps de concentrations se comptèrent par centaines. Certains veulent falsifier l'histoire en tentant de les discréditer ou de les ignorer. Les FTPF furent le fer de lance de la résistance et ce bien avant le débarquement du 6 juin 1944, refusant la politique d'attentisme.

Que de morts et de souffrances entre l'assassinat du militaire prisonnier Jean LEBRUN qui tenta de s'évader le 22 juin 1940 à Loudéac et la mort de huit FFI déchiquetés par une mine le 16 août 1944 à Penvern en Paimpol sans oublier ceux morts sur les fronts de l'Atlantique à Lorient et à Saint-Nazaire (près de 100 victimes) entre le 15 septembre 1944 et le 10 mai 1945 jour de la capitulation sans condition des nazis.